Kevin Roger

Titre de la Thèse: Les modèles de composition du motet au tournant du XVe siècle

Courriel: kevin.roger@etu.univ-tours.fr

Date de début de la thèse: 2017

Directeur (trice): Daniel Saulnier

Discipline: Musicologie

Résumé: 

Cette thèse consiste à questionner les formes non poétiques de composition musicale (le motet, puis le canon) entre la fin du Moyen Âge et le début de la Renaissance. Autant les travaux sont nombreux sur l’œuvre de Guillaume de Machaut au XIVe siècle, comme sur celle de Guillaume Dufaÿ au XVe siècle, autant le tournant entre les deux siècles reste largement inexploré. Cette lacune pour une charnière historique décisive va de pair avec des questions non totalement résolues, notamment sur la cohérence de la composition des motets de Machaut ainsi que sur la légitimité de l'analyse isorythmique. Une telle recherche suppose la mise en œuvre d’autres disciplines que la musicologie. En effet, comme l’ont rappelé les travaux d'Elizabeth Eva Leach et de Jacqueline Cerquiglini, la personnalité d’un Machaut – à l’image de bien d’autres compositeurs de ce temps – est riche et multiple : poète, secrétaire, musicien, géomètre et législateur. Par ailleurs, les recherches de Dorit Tanay ont révélé l’impact que l’environnement culturel et ses changements pouvaient avoir sur les activités de composition musicale. Il se trouve que la fin du XIVe siècle est marquée par un puissant développement des sciences de l’astronomie, de l’astrologie et du comput. À la même époque, les techniques relatives à la représentation du temps et à sa mesure, notamment l’horlogerie, parviennent à un haut degré de sophistication, avec le perfectionnement de l’astrolabe et des horloges astronomiques. Cette recherche a ainsi pour but d'étudier les enjeux de la composition du motet à la lumière de l’analyse musicologique, mais aussi de la rhétorique, de la philosophie, des sciences et des techniques de représentation et de mesure du temps